Bruxelles ma belle !

Sale temps pour les Européens – les conservateurs britanniques ont gagné… Un risque qui se précise pour l’Union. Face au Brexit, réaffirmons, crions notre amour pour l’Europe !

Brexit ?

Brexit ?

Sale temps pour les européistes et pour les Européens en général. Certes l’Union Européenne ne disparaîtra pas demain, mais le ciel s’est assombri au-dessus des îles britanniques. La perspective d’un référendum sur le « brexit » se précise : contre toutes attentes – les sondages donnant les gauches britanniques gagnantes – Cameron et les conservateurs remportent la victoire. Dans l’adversité, espérons une trêve des scepticismes bien méritée pour notre Union… et allons de l’avant. Il nous faut maintenant repartir au combat, et convaincre.

Au travail

L’Union est plus solide qu’il n’y paraît. Malgré une crise financière sans précédent, elle s’est politisée un peu plus. Dorénavant, les élections du président du parlement et de la commission sont conséquences du suffrage universel, et la commission répond de sa composition et de ses actes devant le parlement. Juncker le dit lui-même : il compte communiquer plus et enfin faire de la politique, même à contrecœur – créneau sur lequel Barosso brillait par son absence. La BCE n’est pas en reste et a également renforcé son rôle, agissant enfin sur la parité eurodollar et le quantitative easing, véritable coup politique surtout sans l’aval de Berlin et plus efficace que bien des plans de relance nationaux. Malgré les doutes, malgré les populismes, pas un pays n’est sorti de la zone euro ou de l’Union – la crise a renforcé les institutions européennes plus que le contraire.

L’hymne à la joie 

Ceci est un cri du cœur, un appel du pied aux citoyens européens, une ode à la joie européiste ! Embrassons notre destin commun, ensemble. Du côté de Bruxelles, ça bouge ; et il est temps de se rendre compte, citoyens européens, que nous devons accompagner ce renforcement. Il est temps d’expliquer que c’est avec l’Europe et non contre elle que les intérêts de chacun seront préservés et renforcés. Les Européens méritent mieux que des mesurettes et accords a minima, comme encore récemment sur la question Méditerranéenne.

L'espace Léopold, le siège du Parlement européen à Bruxelles. Chambre principale du Parlement.

L’espace Léopold, le siège du Parlement européen à Bruxelles. Chambre principale du Parlement.

Contrairement aux apparences, la Grèce ne lutte pas contre Bruxelles – pas plus que Paris ne lutte contre les critères de Maastricht. Berlin ne dirige pas ses voisins. Ne l’oublions pas : le parlement européen est élu au suffrage universel, les commissaires sont issus des gouvernements en place et donc tout aussi légitimes, et il est temps d’élire des candidats qui l’assument, aussi bien à l’échelon européen qu’à l’échelon national. 

Ce n’est pas en claquant la porte que l’on montrera son désaccord face à une loi quelconque, mais bien de l’intérieur en élisant les bons représentants. Représentants qui eux-mêmes doivent se montrer exemplaires et dignes, et non pas s’essuyer les pieds sur l’Union en la considérant comme une vache à lait payant des collaborateurs restant à Paris, ou en laissant leur sièges vides. 

Le déclin de l’empire français 

Voter pour les eurosceptiques représente un danger très concret. En pratique, ces partis amorcent une véritable perte d’influence au sein de l’Union plutôt que de renforcer l’indépendance des gouvernements nationaux comme ils le prétendent. Le cas français, longtemps symbolique, est symptomatique : de Jacques Delors au Non à la constitution en 2005, le nombre de députés FN au parlement européen, l’amateurisme de certains gouvernements enchainant les remaniements et donc les interlocuteurs au conseil de l’Union Européenne, le score de participation, la couverture médiatique… Les signaux négatifs sont nombreux et les dommages réels. Malheureusement, même les socialistes – censés être pro-européen – ne le disent plus que du bout des lèvres. Et encore, pas tous. Les partis fédéralistes ont aujourd’hui disparu. Ce vide idéologique et politique est à combler.

Il est alors de notre devoir citoyen de s’y intéresser. L’Union n’est pas parfaite, mais pour garder le contrôle sur sa construction, il est nécessaire de participer plutôt que de laisser s’imposer des eurosceptiques qui s’y intéressent finalement tout aussi peu. 

Le Conseil Européen

Le Conseil Européen

Pour aller plus loin dans la mobilisation des électeurs, les élus européens doivent s’impliquer et impliquer davantage. En vrac, pourquoi pas des primaires pour les candidats aux européennes, afin de les forcer à s’étendre sur leur vision, mais aussi rendre des comptes, redonner un visage aux élus pour que les électeurs puissent aussi les sanctionner ? Après tout, cela marche dans les deux sens ! Le désintérêt pour la chose européenne vient aussi de la vision technocratique que les peuples ont d’elle – il suffit de la politiser encore. 

Pour mobiliser toujours, ne sombrons pas non plus dans le pessimisme primaire ; n’oublions pas d’insister aussi sur ce qui va, sur les acquis européens parfois invisibles tellement on y est habitué comme la paix, Schengen ou Erasmus…

L’Europe, disons-le, est un laboratoire politique à ciel ouvert d’une ampleur jamais égalée et qu’il faut célébrer. Déjà en 2012, les rabat-joie nous ont gâché la fête lors de la remise du Prix Nobel de la Paix, nous avions pourtant toutes les raisons de nous réjouir. L’Union est occupée à concrétiser une utopie démocratique, à construire une fédération inédite, un objet politique non identifié : qu’on la laisse grandir tranquille !

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Une réflexion sur “Bruxelles ma belle !

  1. Pingback: #Brexit – le jour d’après | Un œil sur la politique - par Michael Vincent

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