Voter blanc ou ne pas voter blanc ?

La stratégie du placard ne doit pas être la stratégie de l’autruche.

Les résultats désastreux du premier tour des régionales 2015 n’ont pas tardé à se suivre de l’annonce du retrait des listes socialistes dans les régions où le FN est en passe de gagner, en particulier dans le Nord-Pas de Calais-Picardie, ma région, et en PACA.

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Lorsqu’un socialiste parle de prendre ses responsabilités pour faire barrage au Front, en se retirant, en appelant à voter à droite, il s’agit d’un acte républicain. Ce geste se justifie par l’anticipation, la peur de l’amateurisme des élus frontistes et le danger de leurs idées. Certes mais est-ce vraiment efficace ?

Un retrait ? J’en suis fort aise. Mais c’est un peu court, jeune homme ! La stratégie du placard ne doit pas être la stratégie de l’autruche. Quel intérêt de se mettre en marge des responsabilités politiques si la question doit se poser à nouveau au prochain scrutin ? On ne fait pas avancer le débat. On le fige.

Pire encore, ces positions sont perçues comme élitistes, arrogantes, paternalistes envers les électeurs frontistes. Cette violence symbolique, j’en ai peur, galvanise, renforce les électeurs du FN dans leur choix et la vision simple de l’ « élite » contre le « peuple » rabâchée par les leaders du parti .

Si la dédiabolisation est une stratégie qui s’est avérée payante avec l’ascension de Marine le Pen au sein du parti, il va falloir commencer à accepter la contraposée : la diabolisation est une stratégie condamnée à perdre !

Notons que le retrait des listes socialistes n’assure en rien une victoire de la droite sur le FN tant le score du FN est élevé. En effet, le cordon sanitaire, lorsque le FN est à 25%, pourquoi pas. Ca a marché jusqu’ici. Mais cette fois les choses ont changé. Au-dessus des 40%, devançant son opposant de droite de presque 20 points, c’est du déni de réalité. Ca peut passer mais ça peut très bien casser.

 

Si le retrait doit être notre stratégie face au FN, je suis prêt à l’accepter. Mais assurons-nous au moins qu’elle soit payante. Elle doit s’accompagner d’une vraie remise en question, et de se réapproprier des thèmes que l’on a bêtement laissés au FN. Que l’histoire ne se répète pas au prochain scrutin.

Qu’il s’agisse d’un vote d’adhésion ou non, l’électeur du front national veut faire passer un message, et je ne crois pas que ce message sera entendu, ni cet électeur apaisé, en faisant gagner la droite. Il y a un désir FN qui me dégoûte mais qui est là. Et tant qu’on fera barage, j’ai peur qu’on ne le dépasse pas.

Quant à voter blanc ou ne pas voter blanc, comme beaucoup de militants socialistes, je reste à convaincre.

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5 réflexions sur “Voter blanc ou ne pas voter blanc ?

  1. Situation désastreuse pour le PS, disparaître d’une si grande région, c’est courageux pour ne pas dire suicidaire. Deux options: 1. Rester avec une présidence FN pour contrôler (et dénoncer) en interne ou, 2. laisser le champ libre aux deux droites dans la gestion de la région? Pas facile…

    (…)

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